mardi 23 mai 2017

UNE NUIT TRÈS NOIRE de ELEN BRIG KORIDWEN

IMPRESSIONS DE LECTURE

23 mai

UNE NUIT TRÈS NOIRE. Apéribook goût thriller. Elen Brig Koridwen


D’un noir intense, oui, cette nuit où brille un personnage d’une densité rare.
Respect à l’auteure et parole au personnage :

« Au fond, la vie, c’est un mafieux. Elle vous braque tranquille, vous fait du chantage, vous met minable, couvert de bleus dedans et dehors. Puis pour empêcher qu’on s’habitue elle fait la gentille, vous raconte des salades, promet que si vous jouez le jeu elle vous fera pas de mal. Même, elle vous fait voir la monnaie. Et si tout ça suffit pas, elle vous noie un peu dans l’eau froide mais en faisant gaffe de pas vous tuer à fond. Tout ça pour qu’on continue à cracher ce qui est pas encore mort à l’intérieur et qui la nourrit, cette vampire. Tant qu’on existe, même en fond de cave, elle est contente, la vie : elle encaisse son dû. »

Zoé, 18 ans, la maturité accélérée par l'intensif amendement d'une vie familiale chaotique, se raconte pendant quelques heures, qui seront les
plus vaches de sa vie.

Un autoportrait écrit dans une langue vigoureuse et imagée, tranchante comme une lame aiguisée et trempée dans les carences d'amour.

La vie est salope avec Zoé… pourtant, Zoé, c'est la vie !… pleine de promesses. 
À la fois passionnée, échaudée et donc vigilante, la toute jeune femme, à peine sortie de l’adolescence, espère trouver un jour la voie royale de l'émotion... Celle qu'on s’offre comme un luxe, l'un à l’autre, dans une relation sincère. Peut-être avec Chris ?… l'éducateur principal du foyer de mineurs délinquants où l'a faite échouer sa vie de déréliction… Chris, qui pourrait peut-être bien savoir réparer l'image paternelle, en même temps que lui chavirer le cœur ? 
De belles perspectives…  Comme elle on voudrait y croire mais on se méfie...
La vie est une mafieuse.

Elen Brig Koridwen peint-là un personnage touchant et lumineux.
Le style choisit est parfaitement adapté à la dureté amère du récit.

Aussi je dois dire que je regrette le changement de ton final et la trop longue exposition journalistique des faits, dont la conséquence paradoxale est la presque ruine du réalisme que l'auteure avait su si parfaitement créer par la grande justesse du verbe.
Peut être que je me trompe sur toute la ligne, mais moi, si j'avais eu le talent d’écrire ce portrait, je me serais arrêté là. Point final. Et j'aurais laissé le lecteur plonger dans le noir soudain. Pas d’éclaircissement. Pas de descente en parachute. Non. Une chute abrupte. Dans un puits noir plus noir que le noir. En cohérence avec cette vision prémonitoire de Zoé:

« Même pas sûr qu'il existe un pont au départ de moi. Si ça se trouve, je suis plus desservie, comme ces villages où rien n'arrive et rien ne part. »

À lire absolument ! 
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